Génétique, OAD et biocontrôle pour gérer autrement les oïdiums

Arboriculture
Cultures légumières
Cultures tropicales
Grandes cultures / Polyculture-élevage
Horticulture – PPAM
Vigne
Année de publication 2019
  (mis à jour le 11 déc 2019)
Source : 
EcophytoPIC
Auteur :  Ph DELVAL
Réferences : 
Synthèse EcophytoPIC n°11
Génétique, OAD et biocontrôle pour gérer autrement les oïdiums

Les oïdiums aussi parfois appelés « blancs » étant donné leurs symptômes, sont des champignons Ascomycètes aériens ectophytes avec un mycélium qui se développe à l’extérieur des organes des plantes.

Des parasites obligatoires

Afin d’exercer une activité parasitaire, les oïdiums émettent des suçoirs (ou apressoria) à l’intérieur des cellules des plantes. De plus, ils produisent un grand nombre de spores issues de multiplication asexuée. On les trouve sur la plupart des cultures qu’elles soient annuelles ou pérennes mais ont une très forte spécificité et sont donc des parasites obligatoires. Les spores sont très légères et peuvent être donc véhiculées par le vent. Sur cultures annuelles, le champignon va se conserver sous sa forme sexuée (cleistothèces) dans les débris de cultures après la récolte de celles-ci. Sur cultures pérennes, la forme de conservation peut être également un amas mycélien localisé dans les bourgeons ou du vieux bois.

Vous trouverez des informations sur la biologie des oïdiums dans la base ABAA d’EcophytoPIC qui rassemble de nombreuses ressources sur ces champignons.

Biologie et nuisibilité

La nuisibilité des oïdiums peut être très variable mais le feutrage blanc mycélien peut couvrir la surface des feuilles et ralentir ainsi la photosynthèse. L’attaque des grains et des fruits des plantes peut causer à la fois des pertes en quantité mais aussi en qualité (mauvais goût, porte d’entrée pour des parasites secondaires pouvant atteindre la qualité comme le botrytis). Les oïdiums sont favorisés par l’humidité qui provoque la germination de ses spores ainsi que des températures moyennes. Contrairement aux mildious, ils craignent l’eau courante et sont lessivés par les pluies. Leur mycélium devient alors brunâtre et leur activité parasitaire est amoindrie ou empêchée.

Le développement des oïdiums est souvent favorisé par des variétés sensibles.

2 cycles sur oïdium sur vigne (à gauche - source Pinterest) et céréales (à droite - source Arvalis)

Prévention = avant tout, le choix variétal

La sensibilité variétale est un facteur de développement des oïdiums. La résistance variétale est donc une solution intéressante pour diminuer la pression de ces champignons. Cette solution est bien connue et largement déployée sur les cultures annuelles comme le montrent les articles sur céréales, betteraves et cultures légumières.

 Historique des résistances en vigne - INRA

Des études ont été menées sur vigne afin de développer des variétés résistantes à ses deux maladies principales (mildiou et oïdium) [voir position de l'INRA & Projet CASDAR]. Un dossier très complet réalisé par l’IFV et l’INRA est accessible depuis EcophytoPIC. Une journée de l’Académie d’Agriculture de France a été consacrée à ce sujet. De nombreuses présentations sont disponibles.

Dispositif et stratégie d'expérimentation des cépages résistants - INRA

Le mildiou de la vigne a déjà fait l’objet d’une synthèse PIC que vous pouvez retrouver sur EcophytoPIC. L’adoption de variétés résistantes sur vigne ne sera pas gage d’abandon total de lutte fongicide car sur cultures pérennes, encore plus que sur cultures annuelles, la durabilité de la résistance des variétés à un bioagresseur est cruciale. Un observatoire  a été créé afin de surveiller l’évolution des souches d’oïdium mais aussi de proposer les combinaisons de méthodes qui vont permettre cette durabilité.

Un  focus thématique présente les premières expérimentations menées dans le cadre d’un projet Dephy expé Ecoviti terminé l’an passé

Peu de méthodes préventives sont cependant efficaces sur les oïdiums même s'il est utile de raisonner la densité de la culture, sa fertilisation et son irrigation pour ne pas favoriser la maladie.

Méthodes de lutte = OAD + biocontrôle

L’objectif premier va donc souvent d'envisager de lutter contre ces champignons. De nombreuses familles de fongicides sont autorisées pour des usages couvrant les oïdiums sur la plupart des cultures, mais des phénomènes de résistance se sont largement répandus. Une note commune est produite chaque année afin de faire le point sur le déveoppement des résistances des maladies de la  vigne  et des céréales à paille , dont les oïdiums, et les solutions à mettre en oeuvre.

Symptômes d'oïdium sur vigne (Ephytia) et sur blé tendre (Arvalis)

Afin de limiter l’usage des fongicides, deux solutions peuvent se combiner :

  1. Utiliser un outil d’aide à la décision (ou OAD) pouvant prévoir le risque potentiel de développement de la maladie
  2. Utiliser des fongicides de biocontrôle

OAD pour la prévision et l’optimisation de l’application

L’oïdium présente des caractéristiques biologiques qui peuvent, à la fois permettre des prévisions de développement assez aisées à l’aide de facteurs climatiques (humidité, température, pluviométrie) ou génétiques (sensibilité variétale), mais également les compliquer. Il est en effet très difficile de prévoir le vent qui transporte des spores parfois sur de longues distances.

Les modèles sont des OAD qui vont permettre de faciliter la prévision de développement des oïdiums. Ils ont été notamment développés sur fraisier et vigne.

Un focus thématique présente les expérimentations menées dans le cadre de 3 projets Dephy expé Ecoviti terminés l’an passé à Bordeaux et Val de Loire et dans l’Arc méditerranéen.

Enfin un poster  fait le bilan de l’utilisation des modèles en Bourgogne dans le cadre d’un réseau de ferme Dephy vigne.

 

Biocontrôle = plusieurs voies possibles

Quelques substances de biocontrôle ont été développées et mises sur le marché afin de lutter contre des champignons, dont l’oïdium. Elles font appel à plusieurs groupes des substances naturelles et des micro-organismes ayant des fonctionnalités élicitrices, fongicides ou compétitrices :

 

Les CEPP pour la promotion des techniques alternatives contre les oïdiums

Plusieurs actions CEPP promeuvent des techniques alternatives pour lutter contre les oïdiums :

 

Des retours d’expérience

14 trajectoires viti  permettent d’avoir un aperçu d’agriculteurs ayant opéré une réduction des anti-oïdiums. Une originalité est la conduite en non taille pour gérer les bioagresseurs de la vigne.

Réagissez  à ces retours de terrain via l’outil GECO. Des expérimentations menées dans le cadre de projets Dephy expé permettent de faire un tout d’horizon de techniques testées dans le cadre de systèmes de culture innovants en  vigne  et en horticulture sur  gerbéra.

Oïdium sur Gerbéra - Scradh

Et la recherche...

Le projet SALSA (DEPHY Expé 2018 – 2023) propose de travailler sur des systèmes de culture viticoles présentant une rupture majeure d’usage de produits phytopharmaceutiques (80% à 100% de réduction d’IFT). Ces systèmes mobiliseront la résistance variétale, les régulations naturelles, une gestion du sol sans herbicide et des traitements en dernier recours. Un réseau de trois dispositifs expérimentaux permettra l’évaluation de ces systèmes dans trois grands bassins représentatifs du vignoble français en Aquitaine et en Alsace.

En Europe, le projet Biocomes a mené des recherches de solutions de biocontrôle, testées contre les oïdiums des céréales.

N’oubliez pas que le RMT Elicitra a rassemblé des informations d’expérimentations menées par divers acteurs sur les SDP pour observer l’efficacité de plusieurs substances sur les bioagresseurs. L’accès au fichier excel  compilant les résultats vous permettra de sélectionner ceux sur les oïdiums.